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Compte administratif 2025 : pourquoi j’ai voté contre

Photo du rédacteur: Christine Pastor
Christine Pastor
28 mai
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 juil.

Lors du conseil municipal du 28 mai 2026, Christine Pastor a expliqué son vote contre l’approbation du compte administratif 2025 de la Ville de Saint-Cloud. Elle a présenté ses désaccords concernant le résultat de l’exercice, le financement du pôle culturel des Avelines, la pénalité liée à la loi SRU et plusieurs choix de priorités municipales.

Monsieur le Maire, mes chers collègues,


Je me suis abstenue en commission lors du vote sur ce compte administratif, mais ce soir, après avoir réexaminé l’ensemble des documents transmis avec la convocation, j’ai décidé de voter contre.


La raison est simple : approuver ce compte administratif, c’est approuver les choix politiques de la majorité pour l’année 2025. Or je ne les approuve pas.


Si je me suis présentée aux dernières élections, c’est précisément parce que j’ai des divergences avec l’équipe reconduite — sur ses priorités et sur la manière dont elle gère l’argent des Clodoaldiens.


Le compte administratif, c’est le document de vérité d’une année. Ce n’est pas ce que la majorité a voulu faire — ça, c’est le budget. C’est ce qu’elle a réellement fait, avec l’argent de tout le monde. Je vais vous en exposer quatre points concrets.


Premièrement : pour la première fois en six ans, la commune termine l’année dans le rouge


Le résultat global de l’année 2025 est négatif de 167 000 €. Cela peut paraître modeste, mais c’est la première fois en six ans. Et surtout, ce chiffre cache une réalité bien plus préoccupante : le déficit sur les investissements seuls atteint 6,37 millions d’euros — plus du double de l’année précédente. En six ans, on n’avait jamais atteint ce niveau.


Pourquoi ? Parce que la majorité a délibérément choisi de ne pas emprunter comme prévu, en pariant sur des rentrées d’argent en 2026 qui ne sont pas garanties. C’est un déficit certain, financé par un pari. Et c’est la nouvelle équipe qui en hérite.

 

Deuxièmement : la médiathèque à 20 millions, sans un euro de financement identifié


En 2025, la majorité a voté la création d’un pôle culturel des Avelines — dont la médiathèque est le projet central — pour un montant de 19,7 millions d’euros. Sur l’année 2025, 42 000 € ont déjà été dépensés pour des études préliminaires, et il reste donc près de 20 millions à trouver.


Or dans tous les documents transmis avec la convocation — et je les ai tous lus — il n’y a pas un seul euro de financement identifié en face de ce projet. Pas de subvention de l’État, pas de subvention de la Région, pas du Département, pas de la Métropole. Rien.


Je pose donc la question directement ce soir : quel est le plan de financement de ce projet ? Quelles subventions ont été demandées, et à qui ? Nous avons le droit de savoir.

Et j’anticipe la réponse : on nous dira peut-être qu’à la date du lancement du projet, il était trop tôt pour connaître le montant des subventions à venir. Mais je voudrais rappeler quelque chose d’essentiel : ces subventions ne tombent pas du ciel. Ce sont nos impôts — collectés par d’autres niveaux de l’État et redistribués. Quand une commune reçoit une subvention régionale ou étatique, c’est l’argent de l’ensemble des contribuables français qui est mobilisé.


À l’heure où l’État est en crise budgétaire, où nos concitoyens peinent à finir le mois, est-il vraiment raisonnable de se lancer dans un projet de 20 millions sans avoir sécurisé le moindre centime de financement externe ? C’est une question de responsabilité.


Je rappelle enfin que le règlement budgétaire et financier de la ville elle-même exige que les prévisions soient sincères, et que le conseil soit informé de l’avancement des grands projets. Cette obligation n’a pas été respectée.

 

Troisièmement : 1,66 million de pénalité SRU chaque année, et une réflexion à mener


La ville a versé 1 659 838 € au titre de la loi SRU en 2025, parce que Saint-Cloud n’atteint pas le seuil légal de 25 % de logements sociaux. Ce montant est stable d’année en année : la situation ne s’améliore pas. C’est de l’argent qui part en pénalité, sans rien produire pour les habitants.


Je ne dis pas que c’est simple. Construire du logement social en masse n’est pas adapté à une commune comme la nôtre, avec son tissu urbain et son patrimoine particuliers. Mais ne rien faire non plus n’est pas une politique.


C’est précisément pour cela que j’ai rejoint le groupe de travail logement : pour explorer des solutions concrètes et réalistes — conventionnement de logements privés, réhabilitation ciblée, mobilisation du foncier disponible. Nous aurons l’occasion d’en rendre compte.

 

Quatrièmement : 3,3 millions de subventions aux associations, sans liste communiquée


Le compte administratif fait apparaître 3,3 millions d’euros versés à des associations. La loi oblige les communes à publier chaque année la liste des bénéficiaires. Cette liste n’est pas jointe aux documents de ce conseil. Je demande qu’elle soit communiquée aux élus.


Enfin, deux questions de priorités qui me tiennent à cœur


Je veux également soulever deux points qui ne figurent pas dans le compte administratif mais qui illustrent des choix politiques que je ne partage pas.


D’abord, la sécurité. Saint-Cloud compte aujourd’hui 10 policiers municipaux pour 30 000 habitants. La moyenne nationale est d’un policier municipal pour 1 000 habitants — ce qui devrait nous amener à 30 agents. Nous sommes donc à un tiers de ce qu’il faudrait. Pendant ce temps, on nous propose de rénover une médiathèque pour 20 millions.


J’ai déjà entendu, au sein de ce conseil, que la sécurité relevait du régalien, que nous avions la chance d’avoir un commissariat de police nationale sur la commune, et que, dès lors, il n’était pas question d’augmenter les effectifs de police municipale.


Mais le nombre de policiers nationaux est en diminution constante, et la question se pose alors : que fait-on quand l’État se désengage ? On attend les bras croisés ? La sécurité des Clodoaldiens au quotidien, ce n’est pas une option : c’est une priorité de base.


Ensuite, les indemnités des élus. Le Maire a fait le choix de ne verser aucune indemnité aux élus sans délégation. C’est légal. Mais ce n’est pas la norme. Dans des communes voisines comparables — au Plessis-Robinson — les élus sans délégation perçoivent 270 € par mois, et 230 € supplémentaires s’ils sont membres d’une commission obligatoire, soit 500 € mensuels.


Ce n’est pas une question d’argent : c’est une question de principe. Un élu qui travaille pour sa commune, qui lit les dossiers, qui assiste aux séances et aux commissions, mérite une compensation pour le temps qu’il y consacre. Ne rien verser, c’est aussi une manière de décourager l’engagement et le contrôle démocratique.

 

Pour conclure


Ce compte administratif illustre des choix que je ne partage pas : lancer un projet de 20 millions sans financement identifié, laisser le déficit d’investissement doubler en un an, payer une pénalité SRU récurrente sans proposer de solution, laisser la police municipale en sous-effectif chronique, et priver les élus qui travaillent de toute compensation.


Je ne suis pas là pour faire de l’opposition pour l’opposition. Je suis là pour représenter les Clodoaldiens qui attendent une gestion sérieuse, transparente, et ancrée dans les vraies priorités du quotidien.


Pour toutes ces raisons, je voterai contre l’approbation de ce compte administratif.

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